« Là où la lumière vit »
Là où la lumière vit (œuvre entière)
Détails
« Là où la lumière vit » - 2024 - Acrylique et gouache sur carton collé sur bois - H60 × L80 cm
Une lecture possible de ce tableau. Mais il y en aurait bien d'autres…
Là où la lumière vit installe d’emblée son centre de gravité dans la figure singulière de l’arbre-oiseau se désaltérant au fleuve. Créature hybride, fragile et féconde, c’est vers elle que se concentre la lumière du monde. Tout le paysage s’ordonne autour de cette figure.
Le soleil, repoussé à l’arrière-plan, n’est qu’un foyer lointain dont la clarté descend, se fragmente, se transmet.
L’arbre de feu au centre du fleuve, flamboyant d’oiseaux ardents, est le gardien d’une lumière qu’il veille et protège sans la retenir pour lui-même. Ses rayons atteignent l’arbre-oiseau et, en le caressant, le métamorphosent. Le tronc de la créature devient corps fertile porteur d’un nid ; sa ramure s’anime en ailes ; sa queue se fait branche pour accueillir un couple d’oiselets bleus et sa tête s’orne d’un bouquet de fleurs que vient butiner un colibri. Tout est don et hospitalité. La sacralité de la scène semble tout entière résider dans cette intimité vivante.
L’automne brûle de ses dernières couleurs mais ce feu n’est pas destructeur : il intensifie la beauté du monde. En cette saison liminale, la vie atteint sa plénitude avant de s’effacer, et c’est précisément dans cet entre-deux que s’ouvre la vision de l’arbre-oiseau. C’est là le cœur du tableau : une théologie profane où le divin ne s’incarne pas dans un lointain inaccessible, mais dans la vie et le rêve, nourrissant l’espérance.