Souffle boréal (œuvre entière)
Détails
« Souffle boréal » - 2025 - Acrylique et huile sur dibond collé sur bois - H60 x L80 cm
Quelques pistes de lecture pour s’immerger dans l’œuvre, sans en clore l’horizon…
Ce tableau s’ouvre sur une immensité boréale, où les frontières entre la terre, l’eau et le ciel s’effacent dans une unité de gris bleutés et de blancs sourds. Ce n’est pas un paysage figé mais un espace sous tension, animé par un « souffle » à la fois atmosphérique et vital. À gauche, la foudre déchire un ciel d’encre, rappelant que l’énergie brute des éléments est souvent le prélude nécessaire au jaillissement de la vie. Au centre, une trouée de lumière offre un point de fuite vers une sérénité possible.
Dans cet environnement sublime, des présences hybrides tracent leur chemin avec résilience. Leur mouvement révèle une convergence vers un évènement sacré… Un cavalier-oiseau et sa monture habitée, aux parures délicates, dévalent la pente enneigée, talonnés par une créature vaporeuse aux allures de luge, mouton ou nuage vivant, que deux êtres rieurs, minuscules, semblent avoir dompté. Leur course effrénée suggère une volonté de rejoindre le groupe pour assister au miracle.
Au cœur de ce rassemblement, l’essentiel se révèle : un œuf a éclos. Un nouveau-né fragile vient de briser sa coquille, marquant le début d’un cycle au milieu du gel. Le canard à la lanterne agit ici comme une sentinelle de la vie : son phare modeste guide les premiers regards vers cette naissance. À ses côtés, la créature-abri — véritable maison-corps aux fenêtres illuminées — devient une couveuse organique, un refuge prêt à protéger ce souffle nouveau du froid des sommets.
Le titre prend ici tout son sens : le « souffle boréal » est autant le vent qui sculpte les crêtes que le premier éclat de voix de la créature naissante. Les petites lueurs — lanternes, fenêtres, parures — constituent un réseau de soin et de persistance. Rejoindre l’abri, c’est préserver cette étincelle de chaleur contre le chaos environnant.
Cette œuvre devient une allégorie de la résilience : même dans l’immensité la plus austère, la vie trouve le chemin de l’éclosion. Le tableau nous invite à explorer comment la solidarité et les « abris intérieurs » permettent de ne pas se dissoudre dans l’infini, prouvant que chaque souffle, aussi imperceptible soit-il, dialogue avec l’immensité du cosmos.