Au bord du monde (œuvre entière)
Détails
« Au bord du monde » - 2025 - Huile sur toile de lin montée sur châssis en bois - H60 x L80 cm
Piste de lecture de l’œuvre, offerte comme une clé parmi d’autres…
Nous voici à l’endroit exact où l’âme vacille. Le monde s’arrête ici, sur cette falaise où la roche s’efface devant l’immensité de nacre, point de bascule entre la solidité du sol et l’appel irrésistible de l’inconnu, de l’ailleurs.
Au centre de ce silence, un jars solitaire se tient face au vide, figé dans une dévotion bouleversante. Paré de ses plus beaux atours, il s’est apprêté pour un rendez-vous avec l’idéal inaccessible. Son regard brillant est celui d’un amoureux transi : il est tout entier tendu vers la beauté qui passe, ému jusqu’au vertige par l’apparition céleste.
Le drame se noue à ses pieds : ses ailes-costumes ne sont pas de plumes. Pareilles à des traînes de soie, trop amples, trop lourdes, elles semblent l’amarrer au monde au moment même où il voudrait s’envoler…
Plus haut, la créature ailée, mi-oie mi-papillon, ne traverse pas simplement le ciel ; elle semble franchir un seuil, faisant naître dans son sillage, fleurs, flots, arc-en-ciel, cascades. Elle est ce souffle qui circule librement, cette fluidité après laquelle le jars soupire. Entre la falaise et ce monde céleste, la brume se dissipe, laissant entrevoir une architecture. Entre deux cascades ou colonnes, une porte de lumière apparaît, un passage vers l’ailleurs sacré se devine. Un horizon s’ouvrirait-il pour celui dont le désir est si fort ?