Sous la lumière des eaux (œuvre entière)
Détails
« Sous la lumière des eaux » - 2024 - Acrylique sur bois - H54 x L70 cm
Quelques pistes de lecture, sans prétendre épuiser le sens de l’œuvre…
Ici s’ouvre une scène où l’enfance se rêve toute-puissante. Un cavalier-oiseau vêtu d’un costume et d’une cape bleus, chevauche un hippocampe lumineux qui brandit dans sa queue le trident divin. Tous deux semblent évoluer dans un rêve, royaume antique, contemplant un passé empreint de mythologie. À l’arrière-plan, les vestiges d’un temple gréco-romain se devinent, à moins qu’il ne s’agisse d’une apparition, fruit de l’imagination de notre petit héros chevauchant sa monture. Loin d’être une simple promenade, c’est une souveraineté fantasmée qui s’affirme ici : celle d’un être fragile qui se proclame roi des mers.
Autour de lui, les profondeurs se peuplent de poissons merveilleux. Mais déjà une autre force surgit : un espadon-voilier fend les abysses de son long rostre acéré, hybride inquiétant, mi-bête mi-navire. Un éclair éblouissant fend la surface et plonge dans la mer, illuminant le fond de l’océan. Poséidon manifeste-t-il ainsi sa colère à se voir défié par un petit oiseau plein d’audace ? Petit Poséidon et son hippocampe se moquent bien du foudre des dieux. Intrépides ils se rêvent, intrépides ils seront.
Le tableau déploie un mythe paradoxal : celui de la petitesse qui se croit grandeur, de l’enfance qui, par la fantaisie, s’élève à la hauteur des dieux. Ici, l’imaginaire triomphe de la peur, et la fragilité devient force.